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Rencontre avec le prêtre Alain

Nos prêtres sont tous différents et ils ont tous leur histoire avec le Seigneur, individuelle, passionnante, réjouissante… et ils en ont fait quelque chose.

Voici le témoignage d’Alain Serantoni : une vie d’engagements pour les autres et de recherches de l’Église qui lui correspondrait, apaisée par la communauté.

Une enfance de responsabilités

Alain est le cadet d’une famille de 4 fils. A cause de leurs emplois, ses parents étaient peu présents (sa mère était infirmière de nuit et son père en déplacement professionnel toute la semaine), laissant les enfants souvent seuls à la maison : Alain y appris le service en s’occupant de ses frères.

Sa grand-mère et marraine l’a emmené sur le chemin catholique romain et il a découvert la prière en maternelle : ce bienfait ne l’a jamais quitté. Encore aujourd’hui, il se réveille naturellement tous les matins à 4h : ce moment de la journée où on se connecte si facilement à Dieu, ce moment unique où la vie se réveille doucement.

Jeune, il a demandé à recevoir la 1e communion, mais ses parents ont refusé en lui imposant de se former avant sur toutes les religions et en le laissant libre de choisir qu’après ses 18 ans… Alors Alain a lu, beaucoup, sur toutes les religions.

Dans toutes ses recherches, ses lectures, ses approches de Dieu, Alain a toujours ressenti la présence du Christ et a toujours eu la conviction profonde du message vital.

Accusé, il est libéré par le Christ

Alain est homosexuel, mais cet état est refusé par l’Église catholique romaine, alors, encore jeune et très croyant, il refuse son homosexualité et essaie de vivre comme un hétéro : il a des relations sexuelles avant le mariage, mais là encore est accusé : les prêtres romains lui refusent la communion. Pour lui qui communiait tous les dimanches, c’est le désarroi.

Il va à Lourdes avec son évêque et lui confesse son homosexualité : l’évêque le condamne aussi et lui ordonne d’être chaste. Désemparé, culpabilisé, Alain suit ce que l’Église catholique romaine appelle des « thérapies de conversion », destinées aux homos.

A focaliser sur un problème qui n’en est pas un, beaucoup de personnes différentes se sentent écrasées, même rejetées. Cela les empêche de travailler leurs vrais enjeux de vie et de s’engager pour le Seigneur.

Heureusement Alain ressentait la présence de son ange gardien et du Christ à ses côtés, ce qui lui a permis de ne pas lâcher prise.
Face à la grande distorsion entre ce qu’il ressentait (le Christ à ses cotés) et le message qu’il recevait dans l’église catholique romaine (de condamnation) : il est parti chercher une autre Église…

Une phase protestante

Ayant rencontré l’église luthérienne en Allemagne, Alain décide de suivre le Seigneur avec ses frères protestants.

A Marseille, Alain s’investit dans la mission de l’accueil des immigrés pour l’alphabétisation femmes et des cours aux enfants.

Il a été président de la communauté luthérienne de Marseille.

Il a alors suivi une formation à la faculté de Strasbourg de théologie, puis est devenu prédicateur chez les protestants réformés et luthériens dans les paroisses de Toulon, Hyère, Sanary, Auriac…

Une vie d’engagements solidaires

Attention, homme sur-engagé !

Alain est infirmier de métier, mais il est aussi diplômé en médecine de catastrophes, aides humanitaires, sciences et techniques d’infirmier. Il est également enseignant sur les gestes de secours et les grandes catastrophes naturelles aux infirmières libérales de la région Occitanie. Alain est aussi très présent dans des soins palliatifs : ce sont pour lui des appels à la résurrection. Naturellement, mais où trouve-t-il le temps et l’énergie ?, Alain a été également pompier militaire et pompier volontaire.

Alain est très engagé dans l’humanitaire où il est intervenu notamment en logisticien auprès par exemple de Médecins Sans Frontières, du bus de soin Au nom de la rue, du dispensaire aux personnes démunies… Il a aidé tout en restant en France : avec Sœur Emmanuelle au Caire, à Haïti, au Burkina Faso dans une léproserie avec Frère Sylvestre, pour le tremblement de terre en Arménie ; ou parfois a quitté la France pour des missions, comme en Amazonie où il est parti 3 ans avec le SAMU. Il est aujourd’hui en réflexion sur un nouveau projet d’accueil pour les plus pauvres.

Pour ses nombreux engagements, Alain a reçu plusieurs décorations : les félicitations du Ministère de la Défense pour avoir essayé de sauver ses copains pompiers tombés avec lui dans un ravin de 80m, le prix du Civisme et Dévouement des anciens combattants de l’Union Fédérale (1991), le 1er prix national de Civisme et Dévouement aux collectivités donné par le Président de la République (1992)…

Il est encore et toujours en formation car il considère qu’on n’arrête jamais.

Il relit tous ses engagements aujourd’hui en se disant que la vie devait lui apprendre certaines choses pour qu’il soit plus disponible à ses frères.

Des signes tout au long de sa vie

Nous avons déjà parlé de la grâce de la prière qu’Alain avait découverte en maternelle et qui ne l’a jamais quitté, ainsi que de la présence du Christ qu’il a toujours ressentie près de lui.

Nous avons également évoqué son ange gardien, avec qui il lui est plus facile d’avoir une proximité et une intimité qu’avec le Christ qu’il vénère. Alain est conscient du monde invisible et des êtres d’énergie : il a la sensation que son ange gardien lui tient les mains et lui parle.

Également, Alain a eu d’autres signes qui l’étonnent, et qu’il met dans sa besace sans savoir vraiment quoi en faire :

– A Paray-Le-Monial, vers ses 23 ans, il reçoit le baptême de l’effusion de l’esprit : une expérience mystique où il entend le chant des anges, avec un témoin ;

– Dans la grotte de la Sainte Baume (Var), il s’est vu au pied de la Croix avec Marie, Jean et les pieds du Christ ;

– A Eauze, lors d’une Eucharistie en paroisse au printemps 2020, Alain et quelques uns de ses paroissiens ont trouvé aux hosties un goût de rose (la rose est le signe de Marie, avec notamment le rosaire).

Finalement, l’œcuménisme et la communauté

En 2018, notre évêque Laurent Lenne, qui connaissait Alain, l’appelle à rejoindre l’Église Apostolique Œcuménique. Alain Serantoni est ordonné prêtre le 9 février 2019.

Ici, ce n’est plus Alain qui choisit ce qu’il donne : c’est la communauté qui le guide, car il est au service du peuple de Dieu :

  • Il est arrivé avec ses liturgies luthériennes, mais la communauté a préféré rester dans les rites catholiques : Alain a adopté les liturgies de Lima (Conseil Œcuménique des Églises) ou de Vatican 2, selon la demande du peuple de Dieu.
  • Et au plus profond de lui-même, à travers l’Eucharistie, il a évolué vers les anges et vers Marie, jusqu’à donc se sentir parfaitement à l’aise en tant que catholique réformé.

Dans sa mission pastorale, il a compris que ce qui construit une communauté : c’est la proximité, les repas partagés, la prière… avec un regard œcuménique sur l’Église : l’Église ne peut pas se construire sans respecter les commandements de notre Seigneur, qui sont de vivre une fraternité réelle et partagée, pour l’annonce de l’Évangile (vivre la Parole dans son quotidien et en cohérence avec elle).

Aujourd’hui, Alain transmet sa foi par sa manière de vivre son métier d’infirmier, en parlant d’amour (et pas de Jésus), en vivant l’amour au quotidien dans sa mission de prêtre.

Sa paroisse est à Eauze, près d’Auch : n’hésitez pas à passer lui dire bonjour, il vous accueillera dans la paix.

(Alain a été ordonné évêque le 10 octobre 2020 par Laurent Lenne.)